Ils sont nombreux ces Sénégalais qui éprouvent des difficultés à trouver une réponse adéquate quand on évoque le mot « baye Fall ». Cela est dû, le plus souvent, à deux faits marquants, à savoir ne pas prier et ne pas jeûner surtout durant le mois béni de ramadan ». Cette constatation est d’autant plus vraie lorsqu’on s’évertue à aller au-delà de l’entendement superficiel des termes « prier » et « jeûner ».
En fait si « prier » veut signifier implorer, adjurer ou conjurer Dieu dans toute sa Splendeur, sa Mansuétude, le « baye Fall » fait parti des pieux fidèles qui se donne entièrement au service du Maître. Ils (les « baye Fall ») ne sont pas simplement des serviteurs mais des serviteurs au service du serviteur de l’Illustre Serviteur (Khadimou khadimou Rassoul). Ils sont en permanence plongés dans leurs captivantes séances de « Zikroullah » et de « Fikroullah », des moments pour louer à Dieu ou pour réfléchir profondément sur Dieu et sur ses créatures. Et durant ces moments de grande ferveur religieuse, il arrive qu’un « baye Fall » perde le contrôle de ses actes et tombe en transe, en extase ; en ce moment de la croyance, il peut se cogner brutalement contre un mûr ou un pilier en fer et s'en sortir sans la moindre écorchure. Ce phénomène échappant aux explications rationnelles, relève d’une clairvoyance dans l’acte d’adoration et d’une piété dans l’accomplissement de celui-ci. Et plus encore, l’acte de prier en question s’il permet de se rappeler de Dieu, le « baye Fall » par sa façon de vénérer le Tout Puissant ne l’a jamais faussé puisque plongé dans ses pratiques, il se trouve en parfaite symbiose avec son Seigneur. Leur guide disait ainsi en substance que celui qui se rappelle souvent Dieu commet d’ailleurs un grave péché parce que selon lui l’esclave se doit toujours d’avoir à l’esprit son Maître.
En outre pour ce qui est du jeûne, le « baye Fall » en se soumettant totalement au service de son Seigneur prive toute sa personne de péchées. Tous ses organes seront exempts de prohibitions et d’interdits et c’est justement le sens le plus élevé qu’on peut donner au « jeûne ».
La définition donc du « baye Fall » en le regardant stricto sensu aux pratiques religieuses est peu profonde et n’offre point une sémantique claire et nette. Cette difficulté qu’on rencontre à le définir est liée au degré de la croyance absolue en Dieu et au marabout (messager/ de Dieu) que chaque « baye Fall » pris individuellement a. La foi s’étalant à des niveaux divers, on a plutôt des « baye Fall » à visage multiforme. Leurs points communs, si ce n’est leur habillement en haillons multicolores, la chevelure débroussaillée ou très longue, la démarche sûre, se trouvent dans le respect à la règle des ordres du marabout et son détachement de tous les interdits. Ce chevalier de la foi, ce vrai talibé mouride porte fièrement en bandoulière sa croyance à sa couleur noire, son estime de la communauté et son abnégation à œuvrer pour l’islam.
Le « baye fallisme » est donc une expression individuelle de l’âme avide de lumière et de paix intérieure. C’est un mouvement d’ensemble dans une unité de foi. C’est donc pour terminer une vie, une aspiration propre à chaque « baye Fall » et tournée vers Dieu...diaadiéééfffff!!!!!
kakou diak